RAP Mines

La Recherche action participative sur les mines

La province du Sud-Kivu regorge beaucoup régions minières que des bandes armées y opèrent, faisant des mines le moteur de l’économie de guerre; comme cela a été dénoncé depuis les années 2000 dans de nombreux rapports concernant les conflits armés de l’Est congolais. Ce projet cible les territoires de Mwenga et de Shabunda. Plutôt que de contribuer au développement local, le minage artisanal alimente les conflits dans la région et participe à la militarisation sinon à la déstructuration de la société locale. C’est dans cette dynamique que la mesure de suspension des activités minières a été prise le 11 septembre 2010. Aujourd'hui, cette mesure vient d'être levée, sous plusieurs conditions. La première préoccupation du RIO consiste à s'interroger sur l’impact économique et social de l’artisanat minier sur les creuseurs eux-mêmes et les populations locales, avant la mesure de suspension. Deuxièmement, il s'intéresse aux nouvelles alternatives développées par les acteurs miniers après la mesure de suspension et dans quelle mesure ces derniers s’adaptent à ce nouvel environnement économique.

Préoccupé par la situation des creuseurs, des femmes et des enfants des mines, RIO compte s’appuyer sur les résultats de la recherche pour développer des voies et moyens visant à contribuer à la stabilité sociale dans le secteur de l’exploitation des ressources naturelles à l’Est de la RD Congo.

Le RIO a besoin d’un support technique d’arguments en vue d’initier des actions pour un plaidoyer au sein des institutions nationales et internationales en vue de contribuer à la transformation des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles dans Mwenga et Shabunda et leur rôle dans le développement local. Dès lors, l’objectif global de cette recherche action participative (RAP est de développer une masse critique auprès des acteurs impliqués dans le secteur de l’exploitation des ressources afin qu’ils agissent sur un meilleur impact du secteur sur leurs conditions de vie.

De manière spécifique, l’étude vise à :

  • analyser l’impact de l’exploitation artisanale minière sur les conditions de vie des populations locales;
  • décrire la filière d’exploitation-commercialisation des ressources minières
  • identifier les conflits autour de l’exploitation artisanale des mines;
  • identifier les stratégies alternatives développées par les acteurs des mines;
  • identifier des points d’ancrage pour le RIO en termes de possibilités d’actions futures.

Un échantillonnage a été ciblé avec l’aide des facilitateurs locaux qui vivent dans les différents sites de la recherche, connaissent bien les acteurs miniers et peuvent les mobiliser pour les rencontres.

A Kamituga, les femmes des mines ont été identifiées grâce à ALEFEM. Dans chaque site (à Kamituga, Lugushwa et Shabunda), la collecte des données a été réalisée d’une part par l’administration d’un questionnaire auprès des acteurs miniers et par des entrevues en focus group. Par ces entrevues, des échanges avec des groupes spécifiques ont eu lieu par focus-group et questionnaires en faisant ressortir les principaux problèmes et les idées-clés en termes de pistes de solutions. 5 catégories d’acteurs miniers ci-après : les négociants et marchands, les creuseurs artisanaux, les femmes "twangaises", les responsables des puits et les autorités locales. Dans l’analyse des données, l’accent a été placé sur les creuseurs et les mamans « twangaises » en tant que deux catégories d’acteurs qui travaillent directement dans la production de l’or et pour ainsi dire en aval de tous les autres acteurs, dont ils dépendent, soit directement soit indirectement.