LPGE - Des femmes soumises

 

  • Des femmes soumises à des durs travaux et à l’activisme sexuel

Dans les mines de Fizi, de Mwenga et de Shabunda, les conditions de travail des femmes sont très difficiles. Elles sont actives dans le creusage des minerais, le transport des quartz et le puisage d’eau pour le nettoyage des minerais. Bien que rudes soient les tâches auxquels s’emploient les femmes, leur rémunération demeure cependant insignifiante. Ces dernières sont utilisées comme des porteuses des colis du sable à des longues distances séparant le gîte minier du lieu de nettoyage.

A titre illustratif dans certains sites miniers de Shabunda, pour le transport de 10 bassins de sable, une femme perçoit deux mille Francs congolais. Outre le portage, la femme est également utilisée pour les travaux de puisage d’eau. Pour ce travail, elles perçoivent huit mille francs congolais par jour. D’autres s’occupent de la vente des différents produits manufacturés et alimentaires dont les creuseurs ont besoin dans les carrés miniers.

Les femmes sont aussi, malheureusement, objet d’exploitation sexuelle dans les gîtes miniers. Elles sont souvent mises à la disposition des agents des Services de Mines qui en abusent lorsqu’ils sont en mission dans des chantiers miniers. Dans ces circonstances, elles jouent le rôle de matériel de jouissance qu’elles sont traitées sous le concept de « état de besoin ». C'est-à-dire l’agent de l’Etat en mission indique lui-même la femme de son choix avec laquelle il aimerait jouir durant son séjour ; celle-ci est réquisitionnée (avec ou contre son gré) par le propriétaire du puits pour être mise à la disposition de l’agent en question. Les femmes se servent des recettes qu’elles réalisent pour payer les études de leurs enfants et assurer la survie de leurs familles.

Cependant, loin de leur procurer le bonheur, leur travail dans le secteur minier est à la base de plusieurs difficultés dont elles sont victimes à savoir : l’instabilité dans leurs foyers dont les conséquences sont les divorces consécutifs aux mauvaises conduites affichées par celles-ci dans des chantiers miniers et la propagation du VIH/SIDA. Une autre difficulté à laquelle font face ces femmes, c’est la présence des débiteurs insolvables qui entravent la bonne marche de leurs affaires.

Quant à savoir pourquoi ces femmes s’accrochent aux activités de ce secteur, elles ont répondu qu’à travers ces activités elles gagnent des intérêts doublés voire triplés qu’elles ne sauraient abandonner ce travail.

Cependant quelques notes roses méritent d’être relevées dans la vie de ce projet bien que n’étant pas encore à son terme.

Il a été remarqué ce qui suit : 

  • Les artisans miniers revendiquent et prennent le dessous

Après une série d’activités menées dans le cadre du projet LPGE, en l’occurrence, la vulgarisation des textes et instruments légaux relatifs à l’exploitation artisanale des minerais, les artisans miniers ont commencé à revendiquer convenablement concernant les payements des taxes.

A Shabunda, le modérateur du Pool d’Intérêts Economiques de cette contrée tient en haleine les agents des services des Mines qui faisaient percevoir aux exploitants des taxes dont la valeur était revue à la hausse en leur opposant le contenu de la nomenclature. Ceci est une marque de l’appropriation des instruments juridiques par les exploitants miniers.

A Kamituga, les exploitants artisanaux se sont insurgés contre le préposé aux mines suite à des taxes fantaisistes leur imposées par ce dernier jusqu’à le traduire en justice ; ceci témoigne d’une certaine prise de conscience de la part des artisans miniers qui apprennent au fur et à mesure à vivre la bonne gouvernance économique.

A l’heure qu’il est, à Mukera et à Shabunda précisément, les modérateurs des Pools d’Intérêts économiques sont souvent aux prises avec les Chefs d’Antennes des Mines dans le but de corriger cette multitude de taxes illégales souvent imposées par ces derniers, ce qui, à leurs yeux apparaît aujourd’hui comme des actes de séquestration. Cependant, les administrateurs de ces deux entités ont exprimé au RIOleur satisfaction quant au travail des membres des Pools d’Intérêts Economiques de leurs entités respectives.

  • Sensibilisation des artisans miniers par les membres des Pools d’Intérêts

Les textes des lois sur l’exploitation artisanale des minerais ayant été mis à la disposition des trois Pools d’Intérêts Economiques, les membres de ces derniers s’activent dans le travail de sensibilisation à travers différentes carrières d’exploitation. Les membres du Pool de Shabunda affirment avoir terminé la première ronde des carrières identifiées pour ce faire et envisagent reprendre le même exercice pour un second tour. Il en est de même à Fizi, à Kamituga et à Lugushwa.

A cette sensibilisation de proximité s’ajoute la sensibilisation par les médias. Trois maisons de presse ont été mises en contribution pour une sensibilisation à vaste échelle et dont les fruits sont actuellement visibles. Outre cette sensibilisation, les membres des pools s’activent à sensibiliser les exploitants artisanaux à se faire identifier au SAESSCAM.

  • Des artisans miniers alphabétisés sur la thématique

Des exploitants miniers jadis illettrés, ne connaissant ni lire ni écrire sont aujourd’hui entrain de sensibiliser leurs pairs sur les lois et la nomenclature des prix grâce aux efforts d’alphabétisation fournis par le projet LPGE. Dans l’ensemble 175 personnes ont été alphabétisées lors de ces 2 premières phases du projet LPGE.

  • Les trois pools d’Intérêts économique fonctionnels sur la voie de la légalisation

Les Pools d’Intérêts Economiques mis en place dans les territoires de Fizi, de Mwenga et de Shabunda sont devenus opérationnels et se sont déjà dotés d’instruments juridiques en vue de leur reconnaissance respective. Ils se sont successivement dotés de statuts et de règlement d’ordre intérieur, outils de nature à renforcer leur voie de se constituer en nouvelles initiatives locales de développement.

  • Du point de vue sécuritaire, les territoires de Fizi, de Mwenga et de Shabunda ont depuis un certain temps vibré au rythme de l’activisme des divers groupes armés dont la finalité était l’auto-défense de leurs communautés vis-à-vis de l’arrivée imminente dans ces territoires d’autres éléments armés, dont éventuellement ceux de la rébellion du Mouvement du 23 mars, connu sous l’appellation M23.

Leur présence a été à la base des différentes violations des droits humains observés ci et là dans ces territoires : des coupeurs des routes, des violeurs, des pilleurs, des incendies des villages etc.

Aujourd’hui, suite à la défection des éléments du M23, et grâce à l’appui de la Brigade Spéciale des Nations-Unies aux Forces Armées de la République Démocratique du Congo « FARDC », le paysage sécuritaire a positivement changé ; la paix revient petit à petit et les populations peuvent aisément vaquer à leurs occupations.

Sauf dans certaines contrées des territoires de Mwenga et de Fizi où sont signalés des éléments des Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda« FDLR ». Ces derniers ne sont pas tout à fait localisables car ils sont tout le temps en mouvement à la recherche des cachettes sures fuyant de devenir des cibles des éventuelles attaques de la force d’intervention de la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo « MONUSCO » et des FARDC