INTERPEACE

L'expérience de INTERPEACE remonte à 1994 et part du projet War-Torn Societies (WSP) :

  1. De 1994 à 1998 : Mise en œuvre du projet War-Torn SocietiesProject avec des exercices pilotes en Erythrée, au Mozambique, au Guatemala et au nord-est de la Somalie (aujourd’hui la région du Puntland) ;
  2. De 2000 à mi 2006 : WSP International est enregistré en tant qu'organisation internationale non-gouvernementale en Suisse. De nouveaux programmes sont exécutés dans la partie sud-centre de la Somalie, au Rwanda, en Macédoine, en Israël et en Palestine ;
  1. De mi 2006 à présent: International Peace Alliance (INTERPEACE).

La mission d’INTERPEACE se concentre sur les deux pôles suivants, par ordre de priorité :

  1. Renforcer l’aptitude des sociétés à gérer les conflits de manière non-violente et non-coercitive en soutenant les acteurs nationaux dans leurs efforts pour développer la cohésion sociale et politique ;
  2. Aider la communauté internationale (et plus particulièrement les Nations Unies) à jouer un rôle plus efficace dans son appui aux efforts de consolidation de la paix à travers le monde.

INTERPEACE entretient des relations spéciales avec les Nations-Unies sur diverses manières:

  1. Collaboration opérationnelle sur terrain en Chypre, en Israël et en Palestine ;
  2. Partenariat avec Policy and Mediation Division du Département des Affaires Politiques de l’ONU ;
  3. Partenariat avec Peacebuilding Support Office de l’ONU.

INTERPEACE a agi aussi dans le monde en différents programmes dans le temps :

  1. Programmes anciens: en Erythrée, au Mozambique, en Macédoine, au Guatemala, en Indonésie (Aceh) ;
  2. Programmes actuels : au Rwanda, au Burundi, en Somalie, en Guinée-Bissau, au Libéria, en Israël, en Palestine, en Chypre, au Timor-Leste, les programmes dans l’Amérique Centrale;
  3. Programmes nouveaux : en région des Grands Lacs africains, en Libye, au Mali.

Pour notre sous-région, INTERPEACE implémente le projet «  Dialogue transfrontalier pour la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs ».

Il avait commencé par une série de consultations au niveau de la Région des Grands Lacs afin d’engager la population dans un processus visant à déterminer les défis majeurs à la consolidation de la paix tels qu’ils sont vus par les citoyens de la région.

Pour cela, Interpeace s’est joint aux partenaires de trois pays ciblés, le Burundi, le Rwanda et la RD Congo. Il s’agit précisement,

  1. pour le Burundi, du Centre d’Alerte et de Prévention des conflits (CENAP) de Bujumbura ;
  2. pour le Rwanda, de l’Institut de Recherche et de Dialogue pour la Paix (IRDP) de Kigali au Rwanda ;
  3. pour la RD Congo, du Centre d’Etudes Juridiques Appliquées (CEJA) de Butembo et de Pole Institute de Goma,  en province du Nord-Kivu et de Action pour la Paix et la Concorde (APC) et du Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO) de Bukavu en province du Sud-Kivu.

Interpeace croît au principe que les citoyens doivent être au centre de toute initiative visant la consolidation de la paix par une appropriation accrue dès le début du processus. Il s’agit en effet d’un processus et non un programme ponctuel à mettre en œuvre par une action limitée. C’est un processus participatif pour le long terme visant le renforcement des capacités de la société à gérer elle-même les défis auxquels elle est confrontée. Ce processus commence toujours par une étape de recherche et dialogue qui permet aux citoyens de faire un diagnostic collectif et participatif sur les défis de la paix.

C’est pourquoi dans le cadre du programme visant la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs, dans une première phase, Interpeace avec ses organisations partenaires, disposant d’une expérience de terrain, a mené des consultations au niveau de trois pays de la région (RD Congo, Burundi, Rwanda) pour identifier les obstacles à la paix.

 


Quatre obstacles (facteurs) ont été identifiés :

  1. les groupes armés,
  2. les stéréotypes et les manipulations identitaires,
  3. l’exploitation illégale et non réglementée des ressources naturelles,
  4. la mauvaise gouvernance et les défaillances démocratiques.

Les risques de déstabilisation régionale qu’engendreraient des alliances entre les différents groupes armés et milices venus du Burundi, de la RDC et du Rwanda (basées dans l’Est du Congo) constituent la principale source d’inquiétude. Une initiative visant à mieux comprendre les motivations et revendications de différents groupes armés, ainsi qu’à faciliter une réponse coordonnée au niveau régional, est nécessaire.

Les immenses richesses dont regorge le sous−sol congolais continuent d’attirer les multinationales, les puissances étrangères et les milices et d’alimenter la guerre.  La grande majorité des pays qui ont été impliqués dans la seconde guerre du Congo avaient des intérêts dans les ressources minières du pays.  La raréfaction des terres fertiles et disponibles au Rwanda et au Burundi est une autre source de tensions possible avec la RD Congo car de plus en plus de Rwandais et de Burundais partent chercher des terres exploitables dans les Kivu, où la question foncière est déjà la principale source de conflits entre les ethnies congolaises. Il est donc crucial de trouver des solutions aux problèmes d’exploitation des ressources qui soient acceptables par les habitants des trois pays.

La recherche exploratoire a montré à quel point les relations entre habitants des 4 Zones et  les perceptions qu’ils ont les uns des autres sont teintées de méfiance et de préjugés.  Ceci est dû en particulier aux guerres passées et aux manipulations identitaires auxquelles se sont livrés les politiciens des trois pays et les médias. Mais des « solidarités ethniques » qui transcendent les frontières font surface et prennent le dessus des identités nationales dès que des tentions apparaissent. Il est important d’aider les populations des quatre zones à comprendre les ressorts de ces phénomènes identitaires et les jeux politiques et de pouvoir qui y sont liés, ainsi que de promouvoir les rencontres et le dialogue entre voisins,afin de déconstruire les préjugés et développer la confiance.

Les populations des quatre zones consultées s’accordent tous sur le fait que la mauvaise gouvernance au Burundi et au Congo constitue un obstacle de taille à la paix régionale. Des organisations régionales, telles que la CIRGL et la CEPGL travaillent déjà sur ces problématiques au niveau des gouvernements. Toutefois, il est important d’appuyer ces efforts pris au plus haut niveau des actions venues de la base. Il faut en effet que la société civile et les populations des trois pays donnent des messages clairs à leurs gouvernants sur leurs exigences afin que ces derniers soient davantage redevables envers leurs citoyens.


 

Les critères de sélection suivants ont été pris en compte dans la sélection du facteur de division retenu :

  1. le caractère crucial pour la paix régionale ;
  2. la faisabilité (niveau) : aspects politiques, moyens financiers, contexte favorable, niveau de risques, capacité à s’attaquer au problème ;
  3. l’acceptabilité ;
  4. la valeur ajoutée ;
  5. l’effet multiplicateur sur les autres facteurs de division.

L’idée du consensus dans le choix du facteur à retenir étant de mise, le facteur Stéréotypes et manipulations identitaires a été sélectionné. C’est sur ce critère que le programme travaillera d’abord. Par ailleurs, un regard pourra toujours être jeté sur l’un ou l’autre des trois autres facteurs dégagés lors de la phase exploratoire. Ce thème relatif aux stéréotypes s’est avéré le plus pressant dans la dynamique de la consolidation de la paix. En effet, les stéréotypes et les manipulations identitaires ont été des pesanteurs sur presque les grands conflits survenus dans la région des Grands Lacs. Ils ont eu la possibilité de déclencher, alimenter et prolonger des conflits.

Au total, 13 focus groups, réunissant près de 350 personnes, ainsi que 38 entretiens individuels, ont été réalisés, répartis uniformément sur toutes les provinces Nord et Sud-Kivu de la RDC que le Rwanda et le Burundi. Ces activités ont été filmées et un rapport narratif de recherche ainsi qu'un film documentaire ont été produits.

En vue d’assurer l’appropriation des résultats de recherche-dialogue autour du « thème les stéréotypes et les manipulations identitaires », des séances de restitutions ont eu lieu pour le rapport narratif, pour le film documentaire ainsi qu’une opportunité pour faire connaitre le programme, ses objectifs, l’approche utilisée et les activités importantes à conduire sur le terrain.

Le choix des participants se fait en suivant la ligne déterminée par le programme en ce qui concerne  les « Boundarypartners ». Chaque « Boundarypartner » doit être représenté dans les réunions de restitution.

Il s’agit d’organiser deux réunions de restitution par zone de recherche : une atour des boundarypartners « preneurs de décision » et « organisations régionales » qui se passera probablement dans la capitale de la province / du pays, et qui devrait être organisée et conduite conjointement par les deux organisations au Sud Kivu et au Nord Kivu. Une autre réunion de restitution se passera en dehors de la capitale sur le terrain, à un endroit jugé propice par les organisations partenaire, et qui aura comme accent les « membres des communautés », surtout les participants à la recherche préparatoire. Cette réunion sera organisée par chaque une des organisations partenaires dans sa zone. Le boundarypartner « organisations de la société civile », avec un accent sur les organisations des jeunes, des femmes, et celles ouvrant dans la consolidation de la paix, seront invités pour les deux réunions de restitution.

La représentation des femmes y a été exigible à plus de 30% de tous les participants pour chaque séance de restitution durant laquelle le nombre de participants n’a pas dépassé 30 personnes afin de faciliter la prise de parole et l’échange.