INTERPEACE - Les obstacles

Quatre obstacles (facteurs) ont été identifiés :

  1. les groupes armés,
  2. les stéréotypes et les manipulations identitaires,
  3. l’exploitation illégale et non réglementée des ressources naturelles,
  4. la mauvaise gouvernance et les défaillances démocratiques.

Les risques de déstabilisation régionale qu’engendreraient des alliances entre les différents groupes armés et milices venus du Burundi, de la RDC et du Rwanda (basées dans l’Est du Congo) constituent la principale source d’inquiétude. Une initiative visant à mieux comprendre les motivations et revendications de différents groupes armés, ainsi qu’à faciliter une réponse coordonnée au niveau régional, est nécessaire.

Les immenses richesses dont regorge le sous−sol congolais continuent d’attirer les multinationales, les puissances étrangères et les milices et d’alimenter la guerre.  La grande majorité des pays qui ont été impliqués dans la seconde guerre du Congo avaient des intérêts dans les ressources minières du pays.  La raréfaction des terres fertiles et disponibles au Rwanda et au Burundi est une autre source de tensions possible avec la RD Congo car de plus en plus de Rwandais et de Burundais partent chercher des terres exploitables dans les Kivu, où la question foncière est déjà la principale source de conflits entre les ethnies congolaises. Il est donc crucial de trouver des solutions aux problèmes d’exploitation des ressources qui soient acceptables par les habitants des trois pays.

La recherche exploratoire a montré à quel point les relations entre habitants des 4 Zones et  les perceptions qu’ils ont les uns des autres sont teintées de méfiance et de préjugés.  Ceci est dû en particulier aux guerres passées et aux manipulations identitaires auxquelles se sont livrés les politiciens des trois pays et les médias. Mais des « solidarités ethniques » qui transcendent les frontières font surface et prennent le dessus des identités nationales dès que des tentions apparaissent. Il est important d’aider les populations des quatre zones à comprendre les ressorts de ces phénomènes identitaires et les jeux politiques et de pouvoir qui y sont liés, ainsi que de promouvoir les rencontres et le dialogue entre voisins,afin de déconstruire les préjugés et développer la confiance.

Les populations des quatre zones consultées s’accordent tous sur le fait que la mauvaise gouvernance au Burundi et au Congo constitue un obstacle de taille à la paix régionale. Des organisations régionales, telles que la CIRGL et la CEPGL travaillent déjà sur ces problématiques au niveau des gouvernements. Toutefois, il est important d’appuyer ces efforts pris au plus haut niveau des actions venues de la base. Il faut en effet que la société civile et les populations des trois pays donnent des messages clairs à leurs gouvernants sur leurs exigences afin que ces derniers soient davantage redevables envers leurs citoyens.